
Par Isabelle Sergerie, pacificatrice organisationnelle · médiatrice accréditée IMAQ
Nous sommes à l'heure des communications : nous avons plus d'outils que jamais et, pourtant, il y a de plus en plus de malentendus, d'incompréhensions et de tensions dans la plupart des échanges. Les raisons en sont fort simples.
En tout premier lieu, comment pratiquer quelque chose que nous n'avons pas appris ? En second lieu, l'interprétation de l'information — selon l'état et le contexte de celui qui l'envoie et de celui qui la reçoit — donnera le ton à l'échange.

L'IA rapproche les outils, mais c'est l'humain qui donne le sens.
Depuis l'apparition de l'IA, les communications peuvent devenir complexes et sources de malentendus. Ce n'est pas surprenant : si 93 % de la communication passe par le non verbal, les messages écrits ne représentent que 7 % de la communication — et encore, dans la mesure où le message est reçu et compris comme l'auteur le pensait.
Pour transmettre des messages courts, confirmer un rendez-vous ou une réunion, l'écrit convient tout à fait. Mais s'il s'agit d'une entente, d'une mise au point, de clarifier une perception ou une vision, il est fortement conseillé de le faire verbalement. Car en plus des 7 % que sont les mots choisis, le récepteur aura accès aux 38 % de l'intonation et à 55 % du langage corporel.
Qu'on ne s'étonne pas si plusieurs en perdent leur intelligence émotionnelle ! À la vitesse où vont les communications, les gens ont très peu de temps pour réfléchir avant de répondre. Or réfléchir avant de répondre, là est le cœur de la communication — surtout pour les tempéraments bouillants. Car s'il est facile d'ajouter des mots et d'apporter des nuances, il en va tout autrement des mots qu'on a déjà prononcés.

« Réfléchir avant de répondre » : le cœur même de la communication.
Plusieurs personnalités influentes — Bill Gates, Richard Branson, Oprah Winfrey, Warren Buffett, Mark Zuckerberg, Melinda Gates, Angela Merkel — réfléchissent avant de communiquer leur vision et à la façon dont elles vont le faire, afin d'atteindre le plus de personnes dans l'accomplissement d'un objectif commun. Tout bon leader maîtrise la communication par l'intelligence émotionnelle : c'est cette maîtrise qui l'a mené là où il est. Et il s'assure de s'entourer de sages conseillers.
La question vient immanquablement lorsqu'on fait face à une personne de mauvaise foi, qui manipule pour parvenir à ses fins, ou qui fait de l'attitude à ses collègues ou à son employeur. Comme tout est affaire de perception, il s'agit d'adopter non pas les lunettes du joueur concerné, mais celles du coach : celui qui se demande dans quelle mesure il peut aider son joueur tout en s'assurant qu'il ne contamine pas le reste de l'équipe. Voici cinq clés.

Se retirer au calme pour se distancer de ses émotions : devenir « le coach dans l'estrade ».

Nos pensées sont le seul outil que nous maîtrisons vraiment — et le régulateur de nos émotions.
Ce n'est pas de la magie : c'est devenir de plus en plus conscient des pensées qui nous habitent, car ce sont elles qui transportent — ou contaminent — leur hôte. La seule chose que nous puissions maîtriser, ce sont justement nos pensées, et elles sont l'outil de régulation de nos émotions.
Selon le Dr John D. Mayer, l'intelligence émotionnelle n'est ni l'amabilité, ni l'optimisme, ni le contentement, ni la quiétude, ni la motivation. C'est simplement la capacité à gérer ses propres émotions et l'effet de celles des autres sur soi.
« Si l'IA peut nous faire vivre des émotions, c'est dans la vraie vie, avec de vraies personnes, que le défi de communication et l'intelligence émotionnelle se pratiquent et se vivent. »
« Être responsable, c'est créer des liens. » — Saint-Exupéry
Soyons responsables, créons des liens…
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